À la fois moderne et urbaine tout en puisant ses inspirations dans la tradition musicale camerounaise, le Makossa, né dans les années 50, fut popularisé mondialement par des artistes tel que Manu Dibango.

Le Makossa, né dans le Douala des années 50

D’où vient le Makossa? Dans la langue Douala, il possède plusieurs sens. Sa signification littérale provient de l’expression Kossa que l’on peut traduire par “épluche”, mais qui dans ce sens est un appel à danser. Il a ensuite été substantivé en Dikossa, puis mis au pluriel, ce qui a donné Makossa.

Nelle Eyoum, né en 1933 et décédé à l’âge de 60 ans, créateur du Negro Styls et considéré comme le parrain du Makossa, aurait été le premier à utiliser cette expression qui se serait ensuite popularisée à Douala.

Ce n’est cependant que dans les années 60 que les premiers enregistrements de ce style musicale apparaissent.

Une musique moderne et camerounaise

L’origine du Makossa est définitivement camerounaise, en particulier via les influences des rythmes des danses traditionnelles tel que l’Ambas-bay. Cette danse et les musiques qui l’accompagnent viennent des peuples Sawa, en particulier l’ethnie Yabassi, des côtes littorales camerounaises.

La particularité du Makossa est d’avoir adjoint et imposé à sa musique plus de basses et de cuivres, tel que le saxophone, tout en y ajoutant une bonne dose de Jazz, d’influences des Caraïbes, de Rumba et de musiques latinos.

Un ambassadeur prestigieux : Manu Dibango

Nombreux sont les artistes camerounais qui ont porté haut l’étendard du Makossa ailleurs qu’au Cameroun. Il suffit de citer quelques noms comme Emmanuel Eboa Lottin, qui diffusa la musique partout en Afrique, ou François Misse Ngoh, “l’Homme tranquille du Makossa” qui reçu le prix d’artiste du siècle au Cameroun lors des fêtes de l’an 2000.

Mais aucun autre artiste n’a plus fait pour la reconnaissance internationale du Makossa que Manu Dibango. Très tôt en contact avec l’occident et la France, il en comprend donc rapidement les codes et les usages. À la rencontre de musiciens africains vivant en Europe, en particulier en Belgique où il s’inspire des sonorités congolaises.

En 1972, le titre Soul Makossa part à la conquête du monde, et rencontre le succès aux Etats-Unis.

 

Si le Makossa se fait plus discret aujourd’hui, il n’en reste pas moins l’une des pierres angulaires de la musique camerounaise, africaine et même mondiale.